Kazakhstan, 2005. Le Rollerball est à
son apogée : ce jeu sanglant, mélange de hockey,
de football, de rugby et de roller, est avidement suivi sur les
cinq continents. Jonathan, un jeune Américain prodige de
la glisse, est la star des Horsemen, l’équipe dirigée
par Petrovich, un homme d’affaires sans scrupules. Si les
joueurs, au faîte de leur gloire et de leur fortune, vivent
d’une manière insouciante, ils déchantent
rapidement : les accidents violents se multiplient, planifiés
par les dirigeants d’équipe pour accroître
l’audience des matchs. La pression devient soudain plus
forte pour Jonathan et ses coéquipiers. D’autant
plus forte que Petrovich veut vendre aux chaînes cablées
américaines les droits des retransmissions télé.
Ira-t-il jusqu’au meurtre en direct ?
Remake (2001) du film homonyme du canadien Norman
Jewison (pour l'anecdote, le film de MacTiernan a été
entièrement filmé dans la belle province de Québec,
et le circuit est situé à Montréal!), sorti
en 1975, Rollerball n'a décidément que
peu d'arguments en sa faveur... John MacTiernan ne cesse de s'égarer
dans une forme filmique anodine, banale, indigne de sa personne
et de la magnitude cinématographique du réalisateur
de Die Hard 1 et 3... Et pourtant, au delà de
la déception globale, quelques fragments marquent la mémoire
de manière plutôt durable: le quart d'heure d'introduction
en premier, qui semble émaner d'une autre production MacTiernan,
tant la 'patine' du cinéaste est à l'oeuvre. L'arrivée
de Jonathan et l'intégralité du premier match, au
style presque différent des nombreux suivants. A final,
Si Rollerball est un film raté, il n'en trouve
pas moins une forme équilibre qui ne peut apparaître
que chez Mactiernan. A son crédit, on portera un ensemble
de valeurs purement formelles qui sortent le film de sa torpeur
auto-générée: une photographie
absolument incroyable où les éclairages en disent
plus que tout le film, un sens de la composition qui rappelle
les belles heures du réalisateur, et quelques bribes de
scènes d'action rondement menées (en dépit
de quelques ralentis clichés littéralement ravageurs
qui mettent à sac la moindre parcelle d'intuition du cinéaste...)
qui rappellent ce que Rollerball aurait pu être:
un film d'action stylé, âpre, méchant, agressif,
ambigu au style jouissif... Nous en sommes malheureusement bien
loin, et ce n'est pas la musique pompeuse, répétitive
et par trop empesée de Eric Serra qui, en rajoutant un
motif musical sur un ensemble vide de toute signification, viendra
sauver une entreprise décidément vouée à
l'échec... Jean Réno en personne a renié
son rôle et a souhaité retirer sa personnalité
de l'aventure... Un ratage monumental pourtant émaillé
de scènes calibrées à la perfetion (rapides
et enjouées), ultime paradoxe d'un film en permanence absent
à lui-même.
Vidéo : Que vaut l'image de ce DVD ?
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Du NTSC 'blindé' au titane! Nous testons
régulièrement des DVDs zone 2 Japonais, et force
est de constater que la constante de qualité qu'ils proposent
satisfera les appétits les plus gourmants. Armé
d'un bitrate infernal de stabilité, l'image de Rollerball
est tout bonnement sublime. Profondeur des noirs, définition
éclatante, relief visuel des tons froids et métalliques...
bref, une image limpide, fluide, et parfaitement étalonnée
(couleurs par Deluxe) . De tels pressages sont dignes de la collction
Superbit, voire plus. La version France de ce même DVD est
elle aussi très réussie, mais celle-ci fait vraiment
figure de pièce maîtresse. Aucun soucis d'encodage
n'est à signaler. Les choix de focales complexes du cinéaste
sont ici révélées, et mettent à jour
la précision de la prise de vue. Globalement, le codage
NTSC est ici à son avantage, et jouit du confort d'une
technique en amont (compression, authoring) qui ne peut que forcer
le respect. Dense, précise et ultra-définie, l'image
de ce DVD pourrait bien être être l'émanation
des ambitions artistiques originales de MacTiernan. Flux et reflux
de l'intarissable sauce visuelle sont suivis à la goutte,
ou plutôt au plan près. Ici, au delà des caractéristiques
pré-citées, c'est la fluidité de l'ensemble
(les nombreux mouvement rotatifs des joueurs sur un terrain aux
dimensions réduites le méritaient bien) qui marquera
les plus attentifs. Encore un très grand pressage japonais,
dans la pure tradition de l'éditeur, Pioneer, qui offre
au DVD et son numérique DTS ses vraies lettres de noblesse.
Audio : Analyse des pistes sons du disque
Quelques bonnes réserves dans cette section:
avant toute chose, Rollerball ne bénéficie
pas d'une bande-son très travaillée... Si les enceintes
arrières sont utilisées à bon escient la
plupart du temps et circonscrivent un espace d'écoute proportionné
dans la norme, il n'en va absolument pas de même pour l'espace
sonore, qui se trouve être ramené à une expression
assez minimale, à la fois au niveau artistique et technique.
Je reviens sur ces deux aspects: Scott A. Hecker a composé
un paysage sonore assez classique dans son approche, qui n'hésite
pas à s'aventurer sur le terrain de l'agressivité
(les scènes de match, les buts et leurs basses déliées
etc...), mais l'ensemble manque de pouvoir de conviction. Finalement
assez banale, cette bande-son ne tire jamais vraiment partie de
l'expérience visuelle proposée par McTiernan. Les
canaux sont actifs certes, mais il y manque cette dimension aurale,
au nivau de la composition, qui aurait vraiment distingué
le film. On notera cependant un excellent montage sur la centrale
ainsi qu'une fort belle qualité d'enregistrement. Les épisodes
typés (explosion de moto, attaque à l'arme à
feu etc...) sont reproduits avec unebelle précision, mais
on sent en permanence les effets d'une 'bride' sur laquelle je
reviendrai plus loin. Le rapport signal sur bruit est lui aussi
des plus convaincants et permet aux nombreuses motos de s'illustrer
avec un authentique brio sur le plan sonore. Mais ce schématisme
dans l'aproche du sound design va lui aussi à
l'encontre du film... A noter, un niveau d'enregistrement (autoring
sur DVD) plutôt bas, cette bande-son est davantage représentative
si écoutée à un niveau plus haut que l'ordinaire
(cf. The Thin Red Line, en zone 1, chez la Fox, où l'éditeur
avait inclus un post it incitant à monter le son...).
Suppléments : Que trouverez-vous
sur la galette ?
Les habituels segments (making of, interviews,
machines de courses...). Les bandes-annonce en Dolby Digital 5.1
au design sonore ultra agressif, à l'opposé de celui
du film, sont particulièrement convaincantes. Enfin, un
commentaire audio très relaxe (ça rigole à
tout bout de champ) des acteurs, agréable à écouter,
mais plutôt indigent (les pénibles commentaires de
LL Col J). Les menus sont correctement animés et transitionnés.
A noter une surimpression anglaise ponctuelle, pour aider les
spectateurs qu ne maîtrisent pas bien la langue du pays
du Soleil Levant.
Suppléments DVD-ROM : Votre PC va-t-il se régaler
?
Vide, littéralement...
DTS vs. Dolby Digital |
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Une piste DTS Plein Débit (1509.75 Kbps)
VS une piste Dolby Digital elle aussi à son plein débit
DVD (448 Kbps). Le match, dans un premier temps, va naturellement
en faveur de la piste DTS... mais d'une très courte tête.
En effet, ce DVD soufre, selon nous, de certaines tares qui vont
elles aussi à l'encontre d'un certain niveau de qualité...
Je l'avais souligné un peu plus haut, le niveau de reproduction
est placé assez bas... mais cette fois-ci, c'est la dynamique
qui semble plutôt anémiée, ou du moins contrôlée.
Pour avoir vu ce film dans une salle THX DTS parfaitement étalonnée
à Toronto, je puis vous assurer que Rollerball est émaillé
de moments sonores furieux et bénéficiait d'une
dynamique furibonde. Ici, sur DVD, il n'y a aucun doute que les
choses ont été revues à la baisse. Lors de
certaines scènes, on pourrait avancer qu'un linge a été
placé dans vos enceintes... Clairement, la dynamique contrôlée
empêche un degré de reproduction supérieur
et réduit du coup, immédiatement, tous les émargement
set autres ventilations d'éléments sonores. Comment
décrire l'effet produit? Une fois remarqué, il ne
vous lâchera plus, et le sentiment qu'un coup de gomme a
été appliqué (un lifting sonore en somme)
vous hantera. A ce titre, et même écouté à
un niveau plus haut, il manque quelque chose à cette bande-son...
Ce contrôle de la dynamique diminue parfois considérablement
le pouvoir de recouvrement, au déficit donc de la couverture
spatiale. En revanche, les explosions sont toujours explosives
et les mouvements des acteurs toujours aussi dynamiques, mais
e retrait par rapport à ce que l'on entendra sur d'autres
bande-sons.
Ce défaut est cependant compensé
par la prestance certaine de la piste DTS Plein Débit.
SI on l'attendait encore plus convaincante, elle séduit
indéniablement, allant jusqu'à reproduire des détails
du spectre absents sur la piste Dolby Digital: lors de l’introduction
menant au premier match avec Jonathan, la piste DTS place des
"effets de basses" à forte connotations dramatique
que la piste DD oublie purement et simplement. L'effet est à
ce titre très bénéfique sur la voie centrale
qui du coup gagne considérablement en ouverture et en présence,
ainsi qu'en niveau. Les basses sont quant à elles identiques,
voire plus profondes en DTS, même si un peu moins présentes.
Globalement, la piste DTS gonfle une bonne partie du signal en
amplifiant la reproduction de la bande-son mais de manière
naturelle, jamais artificielle. La bande-son semble respirer davantage
et bénéficie d'une forme d'intégrité
sonique qui font cruellement défaut à la piste Dolby
Digital la plupart du temps, principalement sur les musiques rock,
déjà très mal mixées selon l'auteur
de ces lignes, et très mal reproduite. Cette aération,
de surcroît, autorise une bien meilleure clarté d'évocation
du champ sonore. A ce titre, la piste DTS, via votre décodeur,
oeuvre ici comme une version correctrice qui gomme (elle aussi!)
les mauvais excès de la piste Dolby Digital (agressivité,
aigreur sonore etc...) pour proposer une version tout aussi dynamique
et plaisante, mais infiniment plus fidèle à l'original.
A noter que l'espace arrière est nettement plus étoffé
en DTS 5.1, et que la précision de la réponse en
fréquence n'est pas entachée par une restriction
à des zones clé, contrairement à la piste
Dolby Digital 5.1 qui semble jouer sur une voire deux 'cordes
tonales' et propose un son typé, froid, auquel il manque
un souffle de profondeur sonique. Les détails scéniques
et le montage des effets sont reproduits avec une grande aisance
dans les deux codages, même si la piste DTS prolonge leurs
effets et leurs magnitude en insistant un peu plus sur leurs développements
dans l'espace sonore, et en rehaussant leur impact immédiat.
Même lorsqu'ils se manifestent intensément, l'intelligibilité
n'est pas perdue, mais elle est compromise (affaiblissement sonore
symptomatique au niveau de la tessiture et de la texture des sons)
en Dolby Digital.
Conclusion
Objectivement peu de fortes différences
entre les deux pistes son, même si la piste DTS emporte
très naturellement l'adhésion. On s'attendait donc
à des différences plus franchement marquées.
Cette édition est pourtant loin, très loin de décevoir,
et représete la meilleure édition du film sur support
DVD. Son packaging, un digipack aux tons argentés et aux
effets métalliques, est magnifique. Une édition
destinée aux spécialistes et aux maniaques du Bitrate
(exemplaire ici, et supérieur aux titres de la collection
Superbit). SI vous êtes amateur du film (après tout,
pourquoi pas?), rien ne devrait vous empêcher d'acquérir
ce DVD qui présente, rappelons-le, la seule et unique piste
DTS de Rollerball au monde. Convaincant, en dépit
de pas mal de réserves au niveau sonore.
Notes du Disque
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